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Choix de société? Droits de scolarité et protection de l’environnement

J’allais écrire sur la hausse des frais de scolarité et les raisons pour lesquelles je soutiens la grève étudiante. En lisant les nouvelles sur le budget Bachand, j’ai réalisé à quel point la question des droits de scolarité est beaucoup plus large et constitue un débat de société auquel tous devraient participer. Je ne peux donc m’empêcher d’écrire sur deux sujets qui me tiennent à cœur et qui sont maintenant liés dans ce débat: l’éducation et l’environnement.

Le budget Bachand annonce des investissements importants dans l’exploitation des ressources naturelles et les infrastructures nécessaires pour celle-ci, surtout dans le développement de l’industrie des hydrocarbures et des mines. Wow. Lors de l’adoption de sa cible de 20% de réduction de GES, le gouvernement Charest a fait le tour du monde pour vanter les actions du Québec en matière de lutte aux changements climatiques (puisque notre énergie hydro-électrique est «propre»). Et voici que le budget Bachand veut soutenir le développement d’une industrie contribuant aux émissions de GES? Une subvention à Gaz-Métro pour la construction d’un pipeline? Vraiment? Pourrons-nous vraiment pointer du doigt les Albertains pour leur exploitation des sables bitumineux?

D’un autre côté, le gouvernement libéral nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour investir dans l’enseignement supérieur, que les étudiants doivent «faire leur part».  Vrai, les universités québécoises croulent sous le manque de financement. Mais il ne faut pas oublier que ce manque de ressources est majoritairement causé par un retrait progressif de l’État dans le financement de l’enseignement supérieur.

Le gouvernement Charest ne cesse de comparer le coût des études au Québec avec les autres provinces canadiennes pour justifier cette hausse de droits de scolarité. Dans sa comparaison, il omet toutefois de comparer le taux d’imposition des autres provinces canadiennes et les salaires moyens des autres Canadiens.  Les Québécois ont en moyenne des salaires plus bas que dans plusieurs provinces canadiennes et payent beaucoup d’impôts. Nous avons historiquement fait des choix de société pour financer un système de santé universellement accessible et pour investir dans l’éducation, afin d’investir dans notre avenir collectif. Pourtant, aujourd’hui, le système de santé n’est plus universellement accessible (combien de Québécois et Québécoises, dont moi, n’ont pas accès à un médecin de famille?; combien pratiquent maintenant au privé?) et les étudiants et leurs parents doivent financer davantage leurs études. Je me pose donc la question à savoir pourquoi est-ce que je paye autant d’impôts? Pour financer les compagnies minières et gazières?

Est-ce vraiment un choix de société que de financer l’exploitation (non-durable) des ressources naturelles et de ne pas investir dans l’éducation de nos jeunes alors que l’on parle pour l’avenir d’une «économie du savoir» (que l’on soit d’accord ou non avec ce concept)? Pourquoi la classe moyenne devrait-elle encore payer pour subventionner des entreprises (souvent étrangères, il faut le souligner) œuvrant dans des secteurs polluants? Que fait le gouvernement Charest de la lutte aux changements climatiques?

Voilà pourquoi je suis allée manifester avec les étudiants ce 22 mars. Parce que le 1625$ de hausse représente un choix du gouvernement (je ne dis pas société) auquel je n’adhère pas, parce qu’une fois la porte ouverte à l’augmentation des frais de scolarité il n’y a plus de contrôle sur celle-ci (par exemple, les étudiants des facultés de droit en Ontario payent de 15 000$ à 25 000$ par année pour leur baccalauréat!), et parce que je crois que l’avenir d’un peuple passe d’abord par l’éducation de ses citoyennes et citoyens et non par la destruction de l’environnement.

Annie Rochette, prof carrée

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